MERS-LES-BAINS…
 
Une station balnéaire
prise au bidon
Grands sténopés

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LE BIDON A IMAGES

Connaissez-vous une boite qui vous capte, vous aimante, vous retient tel un souvenir dans la folle course du temps ? Une boite qui s'imprègne des alentours, des contours Sacrée boite ou plutôt sacré bidon !

Un gros bidon rouge plein les bras, 200 litres d'un futur créatif et incertain. 3 à 5 minutes de patience, juste le temps de griller une sèche, le temps de vous regarder vivre dans le champ photographique, puis la délivrance, l'image latente gonflée de promesses et d'étonnements toujours recommencés !

Puis le négatif crache ses détails et ses absences, à la clé, le soulagement ou le renoncement.

Vous étiez si naturels devant ce bidon inoffensif, plus naturels qu'en faisant la bise à la tante au menton qui pique lors du Noël dernier ! Si pressés de vivre que vous n'apparaissez pas

Ces enfants pleins de rires dans ce square pourvu de jeux à ressorts, ce bord de mer tacheté de promeneurs, tout juste sortis du déjeuner dominical, où sont?ils ?

Pas sur mes images ! Seul le rêveur solitaire au bout de la jetée, et cet autre personnage dos à la mer, nous révèle une part d'humanité. Ces grandes images noir et blanc sont avares de votre présence.

Idée consubstantielle à la photographie, cette idée de finitude transcrite par ces grains de lumière venant bombarder ces grains d'argent qui n'est qu'autre que le récit de l'écoulement du temps.

Ce n'est pas le réel qui est représenté ici mais sa transcription aléatoire qui rejoint à travers le temps l'expérience du premier daguerréotype intitulé « rue vieille du temple » à Paris où apparaît le seul personnage immobile se faisant cirer les chaussures.

Le sténopé dans sa singularité s'approprie les objets inanimés à l'échelle de notre monde, gomme les vivants ou les floute. C'est un éloge de la durée.

Mes images reflètent un état d'imprégnation d'une réalité cachée, fidèle à un devenir qui palpite et se crée...

« Vous qui passez sans me voir, je ne peux vous garder! »

Hugo Miserey



 

© Hugo Miserey Tous droits réservés